Comparatif
Khit errouh, âassaba, taâssabt, tikka : quel bijou de front pour quelle tenue
Deux objets seulement, et beaucoup de noms : l'un traverse la largeur du front, l'autre tient sur la raie. C'est la position qui décide, pas la région.
Tasdira · Le comptoir8 min de lecture

Sur le même passage de la tasdira, une famille cherche un khit errouh, une autre un zerouf, une troisième une tikka — et l'une des trois reçoit l'objet qu'elle n'attendait pas. Ces mots ne désignent pas autant de bijoux différents. Ils désignent deux positions sur la tête, et c'est la position qui décide, pas la région d'où vient le nom.
Deux objets, pas quatre noms
Le premier ensemble traverse le front : il en occupe la largeur, d'une tempe à l'autre, il se tient par les cheveux ou par un cordon, et il descend en gouttes le long de la ligne du front. C'est le khit errouh d'Alger, le zerouf et le jbin de l'Ouest, la âassaba, la taâssabt kabyle, la thanayst des Aurès. Une seule famille d'objets, et autant de mots que de régions.
Le second ne traverse rien. C'est une chaîne unique posée sur la raie des cheveux, avec une goutte — la damaa — qui tombe au milieu du front : la tikka. Notre propre fiche le dit dans ces termes : « Ce n'est ni un khit errouh, ni le jbin traditionnel : ces deux-là couvrent la largeur du front, la tikka tient sur la raie. »
La question à poser tient donc en une phrase, et elle vaut mieux que n'importe quel nom : est-ce que ça traverse, ou est-ce que ça descend ?
Ce qui traverse le front
Le même geste — habiller la largeur du front — a été résolu autrement d'une région à l'autre, et chaque solution a gardé son nom.
- Khit errouh, le fil de l'âme — Alger et le centre. Une rangée de rosaces reliées par des anneaux, avec les pendeloques en goutte que le métier appelle zerraref.
- Zerouf, zerrouf, jbin — Oran, Tlemcen, l'Ouest. Le même bijou sous un autre mot. Une cliente d'Oran ne tape pas « khit errouh », et elle a raison ; c'est au vendeur de connaître les deux.
- Âassaba — Alger. Sept plaques ajourées raccordées entre elles par des charnières, maintenues par un fil noué à des anneaux et passé entre les cheveux. Sans crochets.
- Taâssabt — Grande Kabylie et Aurès. Plusieurs plaques de formes différentes — triangulaire, ronde ou en croissant — réunies par de gros anneaux, et presque toujours munies de crochets pour retenir le voile.
- Thanayst — Aurès. Les mêmes plaques, réunies par des chaînettes plutôt que par des anneaux.
- Au M'zab, au Djebel Amour et en pays Ouled Naïl — de petits motifs creux et estampés, en forme de noyaux de dattes, de poissons ou de grains d'orge, reliés par un fil ou cousus sur un ruban, avec de petites pendeloques fixées à la base.
Deux choses les rassemblent, et ce sont les deux qui comptent à l'achat : la pièce occupe la largeur du front, et elle se tient par la coiffure — cordon, crochets, épingles — jamais par la raie.
Ce qui tombe sur la raie : la tikka et sa damaa
La tikka est une chaîne unique. Elle part de la coiffure, juste en arrière de la raie, suit la raie jusqu'au bord du front, et se termine par une goutte : la damaa. Elle se fixe par un crochet ou une pince à cheveux, et certains modèles montent un petit peigne. Dans le métier, l'objet s'appelle aussi matha patti.
Elle est arrivée avec le passage indien de la tasdira, celui du sari, et c'est là qu'elle est à sa place — c'est ce que dit sa fiche, et c'est ce que dit son nom de métier. Autant l'écrire franchement : ce n'est pas un bijou de front algérien d'héritage. C'est aussi la plus légère des deux, celle qu'on ressort seule sur une robe de soirée quand la mariée veut un front habillé sans le poids d'un khit errouh.
Une goutte, trois, sept : ce que compte le nombre de zerraref
Le nombre de pendeloques n'a jamais été un détail décoratif. La règle transmise est courte : une goutte pour la jeune fille, trois pour la femme mariée. Des familles ne la suivent plus, d'autres y tiennent, et une machta l'entend dans les deux sens la même saison.
Elle tombe exactement sur l'axe de choix de notre khit errouh, qui s'appelle « Nombre de pendeloques (zerraref) » et propose une goutte, trois gouttes, ou le modèle chargé à sept et plus. Le choix se fait donc au moment de la commande, et pas après.
La question pratique, elle, n'est pas une question de poids : la fiche donne le même poids expédié pour les trois versions, 70 g emballage compris. Ce qui change, c'est la surface de front couverte et le travail au remontage. La machta refait le chignon à chaque changement de tenue et le bijou se repose après ; à sept gouttes, il y a simplement plus de pendeloques à replacer et à recentrer.
Sur le tour de tête et le réglage, la réponse est déjà dans nos questions fréquentes, à la rubrique des tailles.
Quelle tenue prend laquelle
Le catalogue place chaque pièce sur un passage précis, et la logique est celle de la nuit plutôt que celle du goût.
| Le passage | Ce qui va sur la tête |
|---|---|
| La sortie, puis le karakou algérois | Le khit errouh, en travers du front |
| La chedda tlemcénienne | Le même bijou, sous son nom de l'Ouest : zerouf ou jbin |
| Le passage indien, celui du sari | La tikka, sur la raie, avec sa damaa |
| La robe blanche, souvent le dernier passage | Ni l'un ni l'autre : le taj, posé au-dessus du chignon |
| La robe de soirée, plus tard dans la nuit | Le khit errouh repris en collier par sa chaîne d'extension, ou la tikka seule |
Le taj est la pièce rigide et il a sa règle à lui : il ne se porte ni avec le karakou ni avec la chedda, qui ont leurs propres bijoux de front. La machta le pose au-dessus du chignon, devant le voile ou derrière.
Et aucune de ces pièces ne tient toute seule. Ce qui les tient, ce sont les peignes plantés dans le chignon : ce sont eux qui retiennent le voile au passage en robe blanche, et eux qui le remplacent par un bijou sur les passages traditionnels. Le bijou de cheveux, lui, est souple — il s'enroule autour du chignon ou se glisse dans une tresse — et il appartient à la robe blanche et à la robe de soirée, jamais au karakou ni à la chedda.
Ce que la nôtre est
Un khit errouh d'héritage, celui qui sort d'un coffre de famille, a la même forme que le nôtre : une rangée de rosaces reliées par des anneaux, avec des pendeloques en goutte. La forme, nous la reprenons — c'est ce que le bijou est. Ce qui n'est pas le même, c'est ce dont il est fait et d'où il vient, et pour le nôtre les deux sont écrits sur la fiche. Un héritage ne s'achète pas en boutique : il se transmet. Nous n'en vendons pas et nous n'en fabriquons pas.
Le nôtre est une pièce en métal plaqué doré, et non un khit errouh d'héritage : une rangée de chatons en rosaces sertis de strass, reliés par des anneaux, avec les zerraref en goutte, et une chaîne d'extension qui permet de le reprendre en collier plus tard dans la nuit. Du laiton plaqué, et rien d'autre ; jamais d'alliage de zinc ; sous notre propre étiquette, choisi chez les grossistes de Mahmutpaşa, à Istanbul.
La tikka est du même ordre : alliage de cuivre ou de laiton plaqué, strass sertis, goutte en cristal ou en zircone, rapportée des importateurs indiens de Tahtakale. Le taj est un alliage moulé puis plaqué, serti de strass en verre facetté. Chaque fiche donne la matière, les dimensions et le poids expédié — le tour de tête et la longueur de la chaîne d'extension pour l'un, la longueur de chaîne pour l'autre — ce qui est rare sur ce bijou.
Laquelle prendre
- La nuit comporte un karakou ou une chedda — c'est le bijou de front, quel que soit le nom que votre famille lui donne. Il n'y a pas de substitution : la tikka ne couvre pas la largeur.
- La nuit comporte le passage du sari — c'est la tikka, et elle seule tient sur la raie.
- La tasdira enchaîne plusieurs tenues — les deux, parce qu'elles ne se remplacent pas et que chacune ressort une seconde fois : le khit errouh en collier, la tikka seule sur la robe de soirée.
- La soirée se termine en robe blanche — ni l'un ni l'autre à ce moment-là : le taj, et les peignes qui tiennent le voile.
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